Aller au contenu

La MSA Sud Champagne organise une conférence sur la gestion du stress, notamment dans le monde agricole. Une première approche collective pour cheminer ensemble vers le mieux-être.

Le bien-être au travail est désormais pris en compte dans les grandes entreprises. Une notion complexe, qui englobe ergonomie, revenus, vivabilité, liens sociaux entre collègues et avec la hiérarchie, et bien plus encore.

En comparaison, l’agriculteur se retrouve le plus souvent seul face à des facteurs de stress croissants sur lesquels il n’a pas d’emprise : météo, conjoncture économique, réglementation… C’est pourquoi la MSA a choisi de s’associer aux autres organismes agricoles que sont la Chambre d’Agriculture, la FDSEA, les JA et la FDCUMA afin d’initier une démarche face à ce problème, souvent peu abordé. La conférence animée par François-Régis Lenoir, agriculteur et Docteur en psychologie (voir ci-dessous) a déjà eu lieu à Troyes. Elle a réuni 130 personnes. Son propos vise à reconnaître les problèmes et à donner des outils permettant de verbaliser la souffrance psychologique, essentiellement constituée de peurs, fondées.

Acquérir des compétences sociales

Le risque de replis sur soi est permanent dans un métier dont la liberté fait tout le charme. L’universitaire défend l’engagement collectif (politique, syndical ou associatif) comme rempart contre l’isolement, qui peut conduire à des actes irréparables.

En Haute-Marne, les agriculteurs sont très dynamiques en matière d’agriculture de groupe, qu’il s’agisse de CUMA ou de GAEC. Ils ont compris l’enjeu de travailler ensemble. A la clé, un intérêt  économique indéniable, mais également une meilleure qualité de vie.

Renforcer les outils existants

Certes, le «vivre ensemble» ne va pas sans certaines frictions, car les compétences sociales ne s’inventent pas du jour au lendemain, elles peuvent néanmoins  s’acquérir par un apprentissage. La Chambre d’Agriculture a d’ailleurs diagnostiqué très tôt la nécessité de former une médiatrice spécialisée dans les relations humaines. Elle intervient le plus possible en amont, lors de l’installation d’un jeune au sein d’une société par exemple, afin d’instaurer le dialogue entre associés, à la base de relations saines. Elle anime également la formation «Cultiver les relations dans son groupe».

La cellule REAGIR, née dans le département, pourrait voir son rôle renforcé, estime Eric Petit, Président de la MSA Sud Champagne, qui attend les conclusions d’une vaste enquête régionale auprès des éleveurs laitiers.

François-Régis LENOIR, Agriculteur et psychologue

Docteur en Psychologie Sociale, Psychologue, François-Régis Lenoir y travaille comme consultant et formateur. Il est Professeur associé à l’Université de Reims Champagne-Ardenne, intervient à l’ESC Troyes et à Reims Management School.

Titulaire d’un BTA, il est également responsable d’une exploitation de polyculture élevage dans la Marne avec 170 hectares de SAU et un élevage ovin.

Cette double compétence en fait un référent expert auprès du réseau MSA. Co-responsable et co-auteur du premier rapport d’étude sur le stress dans le secteur agricole en collaboration avec les services d’étude et de médecine du travail de la Mutualité Sociale Agricole, il en a fait la présentation auprès du Conseil Economique et Sociale Français (Paris, 2008).

Ses travaux lui ont valu une certaine médiatisation l’an passé. Il était notamment l’invité du Grand Journal de Canal Plus, le 22 février 2011 avec Bruno Le Maire, Ministre de l’agriculture, pour parler des problèmes de l’agriculture française, quelques jours avant l’annonce du Ministre à Rennes d’un plan national d’action contre le suicide.

 

L’Union des Cuma section Sarthe tenait le 09 février dernier, à Montaillé, son assemblée générale annuelle. Depuis quelques années, elle s’organise autour de 3 thématiques : le statutaire, la proximité avec les Cuma locales et le témoignage d’un consultant sur un sujet d’actualité. Le thème retenu s’intitulait « les jeunes poussent en Cuma… ». continuer la lecture…

Remettre l’humain au cœur du système économique 

Avant d’ouvrir une nouvelle année, revenons à l’essentiel : la place des hommes et des femmes dans la vie économique. François-Régis Lenoir - agriculteur dans les Ardennes mais aussi psychologue, enseignant à l’université de Reims - s’est intéressé à la souffrance au travail agricole, notamment dans le domaine de l’élevage. « Parler n’a jamais été aussi indispensable ».

Les publications récentes concernant les suicides des agriculteurs montrent une évolution inquiétante. Ils sont trois fois plus nombreux que la moyenne de l’ensemble de la population active. Selon le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, « le suicide en agriculture ne doit pas être un sujet tabou : c’est un problème de société qui nous touche tous » (déclaration 31 mars 2011 à Rennes. Voir Bruno Le Maire annonce un plan de prévention du suicide dans le monde agricole).

 

Voici deux articles (Ouest-France et Terre-net) rapportant les observations de François-Régis Lenoir.

 

François-Régis Lenoir est à la fois psy et paysan (Ouest-France, Patrice Moyon, 9 juillet 2011)

Agriculteur dans les Ardennes, il anime des groupes de parole. Et brise le silence sur la souffrance au travail des agriculteurs.

 

Sur la table de la cuisine de ses parents, il y a du café. Accueil chaleureux, soleil printanier. Dans la grange voisine, les moutons piaffent de retrouver leurs herbages. Ce matin-là, François-Régis Lenoir est de retour à Remaucourt, un petit village des Ardennes à 240 mètres d’altitude.

« Je sais bien que ça peut paraître étrange mais quand je reviens ici en juillet pour la moisson, ce sont un peu bizarrement des vacances », glisse-t-il avec un sourire. Cheveux bouclés, lunettes fines, il endosse selon les jours la cote du paysan ou le costume de l’universitaire. Enseignant à l’université de Reims, psychologue, paysan. Et toujours cette volonté de prendre le pouls de ceux qui, longtemps sont restés dans l’ombre. Incapables de mettre des mots sur leur souffrance au travail.

« On ne prend plus le temps », observe-t-il avec regret. Or parler n’a jamais été aussi indispensable. Les derniers chiffres publiés sur le suicide des agriculteurs sont un signal inquiétant. « Selon l’Institut national de veille sanitaire, on est passé de 230 suicides en 2005 à 389 en 2009-2010. C’est trois fois plus que la moyenne de la population active. »

Il existe bien un mal-être agricole confirme François-Régis Lenoir, et notamment dans les filières d’élevage. « Pour les éleveurs laitiers, nous avons observé des niveaux de tension comme nous n’en avions jamais vu jusqu’à présent dans d’autres professions. Il faut remettre l’homme au centre. C’est l’humain qui crée de la valeur ajoutée. Retrouver le sens de l’équipe. Ceux qui vivent mieux ont réussi à partager certaines charges avec leurs voisins. Les coopératives, même si elles ne sont pas les seules, ont un rôle à jouer. Les agriculteurs doivent réapprendre à travailler ensemble. » Et pas seulement pour faire baisser leurs charges.

« Une étude menée en 2006-2007 a comparé une cinquantaine d’agriculteurs ayant des mandats sociaux avec ceux n’en ayant pas. On a observé une plus grande capacité à faire face au stress et une meilleure santé chez les agriculteurs ayant une vie sociale. » Une invitation à s’engager.

Longtemps tabou, les questions de la solitude et du suicide en agriculture font désormais l’objet de débat au sein même de la profession. Lors d’un colloque en mars à Rennes, Bruno Le Maire a annoncé un plan de lutte contre le suicide en agriculture. Mis en oeuvre par la Mutualité sociale agricole (MSA), ce plan de lutte en trois volets établira d’abord des« données fiables sur le suicide des agriculteurs, en croisant les données des certificats de décès avec les données administratives de la MSA ». Le deuxième volet intégrera des « dispositifs d’écoute pour les agriculteurs en détresse ». Enfin, des cellules de prévention seront créées dans chaque caisse de la MSA « pour repérer les agriculteurs en difficulté ».

François Régis Lenoir, agriculteur et psychologue (Terre-net, TNC, 27 décembre 2011).Etre indépendant n’empêche pas de créer du lien social.

 

Cet article est le 274ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.


Démasquer – Comprendre – Mieux prévenir.

Cette conférence-débat, enregistrée le 31 janvier 2012 à Pouilly en Auxois, était organisée…

Cette conférence-débat, enregistrée le 31 janvier 2012 à Pouilly en Auxois, était organisée par la MSA Bourgogne, en partenariat avec le GAMEX et le GPSAS. Elle était animée par François Régis Lenoir, psychologue et exploitant agricole.
Diffusée en visioconférence dans 4 centres Sati du département : Baigneux-les-Juifs, Beaune, Châtillon-sur-Seine et Pontailler-sur-Saône, elle a permis à près de 150 participants, sur place et à distance, de poser leurs questions suite à l’intervention de M. Lenoir et apporter leurs témoignages.

Dans un contexte de fortes évolutions de la société, cette conférence est le point de départ d’une action d’informations, de sensibilisation, de mobilisation de la population agricole et du monde rural autour de situations de mal être. L’objectif étant de convaincre de l’intérêt de ne pas rester isolé en cas de difficultés, de réfléchir ensemble à la mise en oeuvre d’actions qui favorisent la création de liens au sein des villages, et replace l’humain au centre de nos préoccupations.

News & Information
Business, Finance, Politics
Jan 24

admin | Uncategorized, economic, features, international, online | 01 24th, 2011 |
Forgotten dramas. Last April, the father of Clement, a farmer near Bergerac in the Dordogne hanged himself in his garage because he could no longer cope with financial problems. « I’m sorry for what I do but I can not anymore. Take care of the land and animals. Continuing what I did. Goodbye, « he wrote to his son before committing the irreversible. A week before this act, the bank had rejected a check for 1500 euros to buy diesel and rolling his tractor for his seedlings. An evil act and humiliating experience for the man who operated his farm for 40 years. This testimony presents the front of the stage but the sensitive issue of suicide still relevant in farmers. It is part of a long report made last fall by Harry Roselmack, titled With the resistance of the peasantry.It will be released this late Tuesday night on TF1. continuer la lecture…

Des représentants des 210 CUMAS sarthoises se sont retrouvés jeudi 9 février 2012 pour l’assemblée générale de la section départementales, avec l’envie de mettre l’humain au centre des projets des groupements.

Faire face ensemble

Les CUMAS ne sont pas qu’un moyen d’acquérir des équipements. En invitant le docteur en psychologie sociale François-Régis Lenoir, la section sarthoise de l’union des CUMAS a voulu insister sur les enjeux humains des groupes. On y échange, on y construit. Le groupe permet à l’individu de ne pas se trouver seul face à la société, l’économie, et un monde de plus en plus complexe et changeant. D’autant qu’on constate de plus en plus d’isolement dans le monde agricole -diminution des nombres d’exploitation, diminution du nombres de conjints exploitant, isolement de certaines zone rurales, image dévalorisée du métier, ou même de certain type d’agriculteurs au sein du monde rural, diminution de l’entraide, ou encore solitude de l’agriculteur face aux surcharges de travail… « Les agriculteurs fondent leur histoire sur des luttes pour leur indépendance, mail il est parfois nécessaire de dépasser cette volonté d’indépendance pour avancer vers des objectifs communs », a conseillé François-Régis Lenoir, « le fait de cultiver cette indépendance peut être risqué pour la personne, qui s’isole ».

Selon ce psychologue du travail, l’équilibre d’un individu et sa capacité à résister aux soubresauts de la vie repose sur 4 pôles: Le cadre familial, le cadre professionnel, la vie sociale, et l’espace personnel. Les agriculteurs placent en général le sphère professionnelle au centre de tout. Elle se confond avec leur identité personnelle, voir sociale, et familial. « Une grande majorité des agriculteurs voient l’intérêt des s’associer mais la peur de ne pas y arriver, la peur d’être incompétent, la peur d’être contrôlé ou de s’exposer au autres nous retient » a conclu Francois-Régis Lenoir,  »il est nécessaire de trouver de nouvelles méthodes pour se connaitre et travailler ensemble ».

C’est à Montaillé que s’est tenue l’Assemblée générale des CUMA de la Sarthe sur le thème : »Les jeunes pousses en CUMA ».

A l’échelle locale, il est relevé de nombreuses installations. Les jeunes confirment leurs intérêts pour les CUMA proposant des projets, assument des responsabilités. Le dialogue est réel. Leur présence est vécu comme un facteur de dynamisme et de développement.

François-Régis Lenoir, agriculteur et docteur en psychologie sociale a apporté sa reflexion sur l’intérêt pour les jeunes d’adhérer à des projets collectifs (CUMA, associations…). Les CUMA locales ont présenté leurs matériels récents, apporté des témoignages autour de l’assolement en commun, d’un projet désileuse automotrice…

De son coté, la MSA était également de la partie puisqu’elle est intervenue autour d’un  atelier sur le kit anti-chute et sécuriplac. continuer la lecture…

De quoi découle ce stress ?

« Il existe différents facteurs. Il y a l’isolement dû au fait que, dans les campagnes, il y a moins d’agriculteurs par village qu’il y a 20 ans, voire 50. Cela signifie donc qu’il y a moins d’entraide, les gens sont plus seuls face à leurs difficultés. Il y a les facteurs économiques. Après, on constate une très grande diversité selon les milieux et les secteurs. Plus la société va vite, plus elle risque de laisser sur le côté des personnes. » continuer la lecture…

Exploitant agricole et docteur en psychologie sociale, François-Régis Lenoir étonne et détonne. Invité par les JA pour une intervention auprès des élèves en formation agricole, il a souhaité aborder des thématiques peu évoquées dans les formations scolaires : « Je veux les confronter à des problèmes humains, de voisinage, des dialogues qui ne se font pas. Je veux qu’ils réagissent face à des situations auxquelles ils ne sont pas forcément préparés ». Poussant ainsi les élèves à endosser le rôle d’agriculteurs n’arrivant pas à s’entendre, il les guide vers ce qui, selon lui, est une solution essentielle : « La plupart des problèmes peut être solutionné par le simple fait de dialoguer. On peut tenter de s’entendre avec son voisin ou avec son père pour investir dans un nouvel engin, pour changer les méthodes de travail. On peut s’associer pour se dégager du temps libre. Les suicides et le stress dans le monde agricole sont liés au manque de dialogue et à l’isolement. En travaillant à plusieurs, on peut gagner du temps, de l’argent, de meilleures conditions de travail et une meilleure santé. Il faut s’unir pour partager les problèmes afin de trouver des solutions en commun. Il faut arriver à concilier l’humain et l’économique. On a tout à y gagner ! »

Thématique : suicide, risques psychosociaux, stress

Ce programme vise à améliorer la qualité des données sur les suicides et les tentatives de suicide grâce notamment aux différents programmes de recherche.

Aujourd’hui le mal-être touche pratiquement toutes les catégories professionnelles. Le secteur agricole n’échappe pas à cette réalité qui s’explique par de multiples facteurs à la fois sociétaux, économiques et individuels. Les crises agricoles à répétition (conjoncturelles et climatiques) frappent durement les exploitations et ont des conséquences importantes sur les travailleurs, leur famille et leur entreprise.

Pour accompagner les personnes du milieu agricole en situation de fragilité et en risque suicidaire élevé, la MSA met en place un plan national d’actions contre le suicide qui reprend les trois orientations annoncées le 31 mars 2011 par le ministre en charge de l’Agriculture :

1. le développement d’un partenariat avec l’Institut de veille sanitaire pour connaître la mortalité par suicide des exploitants et des salariés agricoles,
2. la mise en place d’un dispositif national d’écoute,
3. la création des cellules pluridisciplinaires dans chaque caisse de MSA.

Ce programme s’adresse à toute la population, il prend en compte les différentes périodes de vie (enfants, adolescents, personnes âgées…), les personnes porteuses de handicap, il prévoit aussi des actions spécifiques comme dans le milieu du travail, agricole et scolaire.

Son objectif est donc de mobiliser l’ensemble des professionnels de santé, les autres professionnels au contact des personnes à risque, les familles et les associations spécialisées.

Retrouvez les six axes du programmes, le suivi et l’animation du programme national dans la brochure à télécharger.

SST_1328790478043_PLAN_NATIONAL_MSA_D_ACTIONS_CONTRE_LE_SUICIDE